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  • : Arsène Bontemps, dandy transatlantique
  • Arsène Bontemps, dandy transatlantique
  • : Les désœuvrements d'Arsène Bontemps, écrivain avec le sou mais sans inspiration. Welcome aboard !

Déroulement du périple

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Escales et journées de mer

Mai 2012
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Chapitres de l'histoire

Mardi 22 décembre 2009 2 22 /12 /Déc /2009 13:31
    D’un pas fier et conquérant, vous vous dirigez vers la double porte de la grande salle à manger. Il s’y retrouvent aussi bien les premières que deuxièmes classes, et ce sont autant de regards qui se retournent sur votre passage. Vous arborez une superbe queue-de-pie dont les pans de satin s’envolent an rythme de votre marche. Un veston brodé complète la tenue, avec votre pièce maîtresse : le nœud-papillon. Monumental. Iconoclaste. Rouge. De ce même rouge qui devait naguère habiller les tentures des temples de la vieille Babylone. Vous savourez votre effet alors que vous ôtez votre chapeau pour le tendre à un domestique.
Si vous avez pris soin de jeter un oeil au vade-mecum avant de vous rendre au dîner, vous constatez que l'illustration qui s'y trouvait était on ne peut plus exacte, à part le ton orange que lui donne maintenant la lumière déclinante du soir.

Salle à manger premiere classeL'illustration du vade mecum est conforme à la moustache près.

    Vous apostrophez distraitement un serveur pour qu’il vous indique où se trouve la table du capitaine ; il vous montre alors la place centrale où un joyeux bonhomme à la barbe conséquente converse à grands renforts de mouvements de bras et de pieds. Vous vous approchez nonchalamment jusqu’à votre couvert, et d’un mouvement sec de votre canne sur le sol, vous signalez votre présence à l’assemblée avant de vous incliner. Le barbu vous jette un regard étonné, avant de sourire et d’avancer sa main à votre rencontre.
« Monsieur de Bontemps, je présume ?
— Lui-même. Et vous bien sûr, vous êtes…
— Archibald ! Hé oui, le ferme et valeureux capitaine de ce sacré rafiot ! Ah, venez, asseyez-vous que je vous présente ! »
    Vous vous exécutez, et voilà que le capitaine vous désigne tous les noms des invités. Le second, encadré par deux rouflaquettes interminables, Lady Sesquipedalian, de farouche noblesse, Monsieur  Pierre, ecclésiaste devant l’éternel, Monsieur Courteline et sa compagne, grand actionnaire devant l’éternel, Bernique Volte, poète, inventeur et magicien fou, et d’autres âmes dont vous perdez le décompte. Vous voilà donc une petite dizaine attablés autour du capitaine, et ce dernier vous a fait asseoir tout à côté de lui.
« Arsène…vous permettrez que je vous appelle Arsène ? J’ai bien connu votre père, savez-vous ? vous chuchote-t-il, conspirateur. Un fameux gentilhomme, il m’a appris à aimer la littérature.
— Vous-même êtes donc écrivain ! renchérit Bernique, l’ingénieur fou. Sacrée déboulonnade ça, l’empoignade de plume !
—Hé bien…oui. En quelque sorte… répondez-vous en pensant à votre machine à écrire poussiéreuse.
— Comme c’est intriguant ! Mystérieux ! s’écrie à son tour lady Sesquipedalian. Moi-même j’ai toujours tellement détesté les artistes, mais tellement aimé les crimes parfaits et les romans policiers ! Ah ! »
Vous vous demandez ce qu’il convient de répondre, lorsque le capitaine pose sa main sur votre cuisse et commence à parler de son enfance, en vous regardant droit dans les yeux, un sourire mutin aux coins des yeux, sous le regard méfiant de monsieur Pierre.

Capitaine Archibald MartinArchibald vous regarde avec un sourire mutin

    Le dîner se poursuit ensuite sans autre incidents, malgré l’ennuyeux discours du capitaine (vous savez maintenant que c’est un petit bateau à voile dans la fontaine du square de son village qui l’a poussé à s’engager dans la marine, et vous avez aussi appris que vous aviez un très beau regard et un pantalon agréable à caresser) et les œillades étranges de la Lady (vous avez également appris qu’il ne fait pas bon être écrivain face à de la vieille noblesse délaissée).
    Vous buvez plusieurs fois en l’honneur du Lamartine, fleuron de la marine civile française, et saluez les diables d’ingénieurs de Saint Nazaire où il fut assemblé. Hélas, avant même l’arrivée du dessert, un cri retentit dans l’entrée de la salle à manger. C’est une jeune femme blême qui se précipite vers vous, affolée, pour crier tout haut : « A l’assassin ! Au meurtre ! Cabine douze ! Je…Ah ! » avant de tomber évanouie dans vos bras.
    Vous déposez où vous pouvez l’inconsciente jeune femme avant de vous précipiter en compagnie d’Archibald et de monsieur Pierre jusqu’à sa cabine. Et en effet, une porte est ouverte en face même de la votre. A l’intérieur, un homme nu, inconscient sur un tabouret, la tête posée sur un tableau inachevé.
    « Appelez-moi le médecin ! » aboie le capitaine aux stewards tétanisés. Vous même, vous contemplez cet étrange spectacle, avec la pensée que vous auriez pu apercevoir le criminel si vous étiez resté écrire dans votre cabine.

    Le médecin est formel : ce n’est pas un meurtre, mais une mort fort naturelle. Rassuré, vous jetez néanmoins des yeux curieux sur l’intérieur de la cabine. Elle est sens dessus dessous, et vous ne sauriez dire si le désordre est dû à une négligence forcenée ou à une fouille méticuleuse. Sur la petite table, une bouteille de whisky est à demi entamée. Si vous vous penchez sur le tableau lui-même, vous reconnaissez quelques traits qui peuvent vous faire songer à la jeune femme qui a donné l’alerte. Bien qu’il s’agisse d’un simple croquis, vous remarquez que le trait est grossier et tremblant. Sur les vêtements de la victime, il y a quelques traces de rouille, que vous vous étonnez de trouver sur un passager de première classe, où la moindre ferraille dort sous dix centimètres de boiseries. Enfin, vous relevez une marque étrange, une sorte de symbole effacé sur le hublot de la cabine, mais il peut très bien s’agir d’un tache de gras un peu originale.
    Vous demandez au capitaine quelle est l’identité du malheureux, et ce dernier vous répond qu’il est le peintre officiel de la compagnie. Il a été engagé en personne par Monsieur Courteline, le principal actionnaire de la ligne, et il est d’ailleurs l’auteur de l’illustration de la salle à manger que vous avez peut-être aperçue dans le vade-mecum.

Lorsque vous demandez autour de vous où est passée la jeune femme qui a donné l’alerte, personne ne peut vous répondre. Elle est introuvable.


Que pensez-vous de cette affaire ?

1) Il ne s'agit là que d'un banal accident ; vous retournez dans la salle à manger pour le dessert.

2) Vous pensez qu'il peut s'agir d'un meurtre. Vous confiez vos craintes au capitaine.
(exposez la raison pour laquelle vous pensez qu'il a été assassiné dans les commentaires. Vous pouvez dès lors esquisser une ou deux hypothèses pour rendre votre affirmation crédible !)

3) Vous pensez bien qu'il s'agit d'un meurtre, mais vous préférez n'en rien dire, pour enquêter plus à votre aise. (de même, justifiez pourquoi la mort du peintre vous paraît suspecte)

4) ...

Publié dans : Saison 1 - "Vers le large !" - Ecrire un commentaire - Voir les 7 commentaires
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